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Cuisine · Le blog

Pourquoi adopter la cuisson vapeur ?

11 min de lecture Par la rédaction

Cuit-vapeur à étages ouvert dévoilant pommes de terre, cuisson vapeur

La cuisson vapeur a longtemps traîné une réputation de cuisine d’hôpital, fade et triste. Elle mérite beaucoup mieux : c’est l’une des façons les plus simples de cuire juste, sans matière grasse obligatoire, en gardant aux légumes leur couleur, aux poissons leur moelleux et aux volailles leur tendreté. Encore faut-il comprendre comment elle fonctionne, choisir le bon matériel, connaître les temps indicatifs et surtout savoir assaisonner au bon moment.

Cuisson vapeur : le principe d’une chaleur douce et enveloppante

Parmi tous les gestes de la cuisine maison, la vapeur est sans doute le plus facile à apprivoiser, parce que son principe tient en une image : des aliments posés au-dessus d’une eau qui frémit, jamais dedans, sous un couvercle qui retient l’humidité. L’eau, en bouillant, se transforme en vapeur qui monte, traverse les trous du panier et vient lécher chaque morceau. Au contact de l’aliment plus froid, cette vapeur se condense en fines gouttelettes et lui cède au passage une grande quantité de chaleur : c’est ce phénomène de condensation qui rend la vapeur si efficace, bien plus que de l’air chaud à la même température. Sous un simple couvercle, à pression normale, la vapeur reste autour de 100 °C, comme l’eau bouillante ; l’autocuiseur, lui, fonctionne sous pression et dépasse cette température, ce qui en fait un autre mode de cuisson. La différence avec l’eau bouillante ne tient donc pas à la chaleur, mais au contact : l’aliment ne baigne pas. Il ne se gorge pas d’eau, ne se délite pas, ne se fait pas bousculer par les bouillons, et les éléments solubles dans l’eau, comme une partie de la vitamine C et de certaines vitamines du groupe B, ont moins d’occasions de s’échapper que dans une grande casserole d’eau que l’on jette ensuite. Les saveurs restent concentrées dans l’aliment : une carotte a vraiment le goût de carotte, un filet de poisson garde son parfum iodé, un blanc de volaille reste juteux à condition de ne pas le laisser trop longtemps. Autre atout, la chaleur arrive de partout à la fois, sans point brûlant comme au fond d’une poêle, ce qui pardonne beaucoup aux cuisiniers distraits : rien n’attache, rien ne carbonise. La contrepartie est connue : la vapeur ne fait ni croûte ni coloration, car la surface reste humide et ne dépasse pas les 100 °C nécessaires aux réactions de brunissement qui donnent le grillé. Pas de doré, donc, mais une texture fondante et nette que l’on relève ensuite par l’assaisonnement. Pour que le principe fonctionne, trois conditions suffisent : une eau qui frémit franchement sans déborder, des morceaux de taille régulière disposés en une seule couche quand c’est possible, et un couvercle bien fermé que l’on soulève le moins souvent possible, chaque ouverture laissant partir la chaleur accumulée. C’est aussi une cuisson très tranquille pour l’organisation : on lance le feu, on règle un minuteur, on prépare la sauce ou le dessert pendant ce temps. Enfin, la vapeur n’exige aucune matière grasse pour cuire : l’huile ou le beurre deviennent un choix de goût que l’on ajoute à la fin, en quantité maîtrisée, plutôt qu’une obligation technique.

1 L’eau frémit sous le paniersans toucher les aliments 2 La vapeur monte à 100 °Cet enveloppe chaque morceau 3 Elle se condense sur l’alimentet lui cède sa chaleur 4 Le couvercle garde toutchaleur et humidité dedans
Le principe de la cuisson vapeur : l’aliment ne baigne jamais, c’est la vapeur qui se condense à sa surface et lui transmet la chaleur.
100°C environ : la vapeur au-dessus d’une eau qui bout, sous simple couvercle
0matière grasse indispensable pour cuire
2poissons par semaine dont un gras, repère de santé publique
Papillote de papier cuisson entrouverte sur un dos de colvert entouré de julienne de légumes et de citron, cuisson vapeur
La papillote fabrique sa propre vapeur : la pièce et sa julienne de légumes cuisent ensemble dans leurs jus, parfumés par le citron.

Matériel pour la cuisson vapeur : panier, cuit-vapeur ou papillote

On cantonne parfois la vapeur à des repas pour perdre du poids, comme s’il fallait un équipement spécial et une bonne dose de sérieux pour s’y mettre, alors qu’elle convient à toute la tablée et qu’un matériel très modeste suffit. Le plus simple est le panier pliable en métal, dont les pétales s’ouvrent pour s’adapter à presque toutes les casseroles : on verse deux à trois centimètres d’eau, on pose le panier, on vérifie que l’eau ne touche pas le fond, on couvre. Le panier en bambou, posé sur un wok ou une casserole de même diamètre, a l’avantage de s’empiler sur deux ou trois niveaux et d’absorber une partie de la condensation, ce qui évite aux brioches et raviolis de devenir détrempés ; il se rince à l’eau claire et sèche bien à l’air pour ne pas moisir. Le couscoussier et les marmites à étages fonctionnent sur le même principe, avec une grande réserve d’eau idéale pour les grosses quantités. Le cuit-vapeur électrique à plusieurs étages se règle avec une minuterie et libère une plaque de cuisson ; il demande de la place dans le placard et un détartrage régulier, mais rend service aux familles qui cuisinent souvent de cette façon. Dans tous les appareils à étages, on raisonne en temps : l’aliment le plus long démarre seul, les étages plus rapides s’ajoutent en cours de route, et un poisson ou une volaille encore crus ne doivent jamais goutter sur des légumes déjà cuits ou prêts à servir, d’où l’intérêt de les poser sur une assiette creuse qui retient leur jus. Reste la papillote, la plus astucieuse de toutes : une feuille de papier cuisson refermée hermétiquement autour d’un filet de poisson, d’un blanc de volaille ou de légumes taillés fins, que l’on passe au four chaud. L’humidité des aliments se transforme en vapeur qui reste prisonnière, la papillote gonfle, et tout cuit dans son propre jus, parfumé d’un zeste, d’une herbe ou d’une épice. On la sert fermée et chacun l’ouvre à table, en se méfiant de la bouffée brûlante qui s’échappe. Pour les températures élevées, le papier cuisson est préférable ; une feuille d’aluminium n’est pas recommandée avec des ingrédients acides comme le citron ou la tomate. Le four vapeur, enfin, existe sur certains équipements de cuisine récents et permet de cuire de grandes quantités à la fois, mais il n’a rien d’indispensable. Quel que soit l’outil, trois réflexes valent pour tous : une réserve d’eau suffisante que l’on surveille pendant les cuissons longues, un couvercle qui ferme bien, et des aliments disposés sans s’entasser pour que la vapeur circule librement entre eux.

Panier pliable

Il s’adapte à presque toutes les casseroles et se range à plat. Parfait pour une petite quantité de légumes ou un filet de poisson.

simpletous les jours

Panier en bambou

Il s’empile et absorbe une partie de la condensation. Idéal pour raviolis, petits pains et légumes fins.

étagesmoins détrempé

Cuit-vapeur à étages

Minuterie et plusieurs niveaux : on lance le plus long d’abord. Il libère une plaque, mais prend de la place.

repas completdétartrage

Couscoussier

Une grande réserve d’eau sous un vaste panier. Pratique pour les grandes tablées et les cuissons longues.

grosses quantités

Papillote

Le papier cuisson enferme la vapeur des aliments au four. Les saveurs restent concentrées, la vaisselle est minimale.

fourparfums

Panier dans la casserolepetites quantités, tous les jours 321 Cuit-vapeur à étagesle plus long démarre en premier Papillote au fourla vapeur vient des aliments
Trois montages pour une même idée : panier dans la casserole, cuit-vapeur à étages où l’on ajoute les étages rapides en cours de route, papillote fermée au four.

Temps de cuisson vapeur des légumes, poissons et volailles

Le temps d’une cuisson vapeur dépend moins de l’aliment lui-même que de la taille du morceau, de sa fraîcheur, de la quantité posée dans le panier et de la vigueur du frémissement : les repères qui suivent sont donc des ordres de grandeur, comptés à partir du moment où la vapeur s’échappe franchement, et à vérifier à chaque fois. Pour les légumes, la règle d’or est la régularité de la découpe : des rondelles de carottes de même épaisseur cuisent ensemble, alors qu’un mélange de gros et de petits morceaux donne forcément du trop cuit et du trop ferme. Les feuilles tendres comme les épinards ne demandent que quelques minutes, les rondelles de courgette et les fleurettes de brocoli une petite dizaine, les haricots verts, les carottes en rondelles et les fleurettes de chou-fleur un peu plus, et les pommes de terre entières jusqu’à une demi-heure selon leur calibre ; coupées en morceaux, elles vont nettement plus vite. Le test se fait à la pointe du couteau, qui doit entrer facilement tout en rencontrant encore une légère résistance pour les légumes que l’on aime croquants. Pour les poissons, la vapeur est une alliée précieuse parce que sa douceur évite la chair sèche et fibreuse : un filet fin de poisson blanc cuit en quelques minutes, un pavé épais de saumon demande un peu plus. On le pose côté peau vers le bas, éventuellement sur une feuille de chou ou de papier cuisson pour qu’il n’accroche pas aux trous, et on le retire dès que sa chair devient nacrée et opaque et se détache en lamelles sous la fourchette. Pour les volailles, la vigilance porte sur la cuisson à cœur : un blanc de poulet entier peut demander un quart d’heure à une vingtaine de minutes selon son épaisseur, et il ne doit plus présenter aucune trace rosée au centre, son jus devant couler clair quand on le pique. L’ouvrir en deux au point le plus épais reste le contrôle le plus simple, et en cas de doute, on prolonge de quelques minutes. Couper les blancs en aiguillettes ou en escalopes fines raccourcit beaucoup la cuisson et la rend plus homogène, tout en gardant la viande moelleuse. Pour composer un repas complet en une seule fois, on additionne les temps à l’envers : on lance d’abord ce qui est le plus long, puis on ajoute les étages ou les ingrédients rapides de façon à ce que tout soit prêt ensemble. Enfin, la quantité compte : un panier rempli à ras bord ralentit la circulation de la vapeur et allonge les temps, alors que deux fournées successives, ou deux étages, donnent un résultat plus régulier. Les légumes surgelés se cuisent sans décongélation préalable, en prévoyant quelques minutes de plus, et pour les poissons ou les viandes surgelés on suit les indications de l’emballage.

Temps indicatifs à la vapeur, en minutes 0102030 3 à 55 à 86 à 106 à 1010 à 1510 à 1510 à 1515 à 2025 à 35 Épinards Courgetterondelles Brocolifleurettes Poissonfilet fin Haricotsverts Carottesrondelles Saumonpavé Volailleblanc Pommede terreentière teinte foncée : minimumteinte claire : maximum
Des ordres de grandeur comptés dès que la vapeur s’échappe : la taille des morceaux et la quantité posée dans le panier font varier ces durées, d’où le test à la pointe du couteau.

Vrai ou faux ?

La vapeur cuit les aliments à une température plus basse que l’eau bouillante.

Faux. Sous un simple couvercle, la vapeur est autour de 100 °C, comme l’eau qui bout. Ce qui change, c’est que l’aliment ne baigne pas dans l’eau.

Pour bien cuire, l’eau doit toucher le fond du panier.

Faux. Les aliments doivent rester au-dessus de l’eau ; s’ils trempent, on revient à une cuisson à l’eau, avec des légumes plus mous.

Un blanc de volaille cuit à la vapeur ne doit plus présenter de trace rosée au centre.

Vrai. La volaille se mange toujours cuite à cœur : ouvrez le morceau au point le plus épais et prolongez la cuisson en cas de doute.

Saler les légumes avant de les mettre dans le panier est le meilleur moyen de les assaisonner.

Faux. La condensation ruisselle sur les légumes et emporte une partie du sel. Il se dose bien mieux à la sortie du panier.

Mains déposant des fleurettes de chou-fleur dans un panier vapeur métallique au-dessus d’une casserole frémissante, cuisson vapeur
Des fleurettes de taille régulière, posées en une seule couche au-dessus de l’eau frémissante : la vapeur circule et tout cuit en même temps.

Assaisonner une cuisson vapeur pour un repas léger et savoureux

Si la cuisson vapeur a parfois laissé de mauvais souvenirs, c’est presque toujours un problème d’assaisonnement, pas de cuisson. Comme rien ne grille ni ne caramélise, le goût ne vient pas de la poêle : il vient de ce que l’on prépare avant et, surtout, de ce que l’on ajoute après. Avant la cuisson, on peut parfumer l’eau du dessous avec des tiges d’herbes, une écorce d’agrume, une feuille de laurier, quelques rondelles de gingembre ou une branche de citronnelle ; l’effet reste discret, mais embaume la cuisine et donne une note de fond aux aliments fins comme le poisson. Plus marquant, on peut poser le poisson ou la volaille sur un lit d’herbes ou de poireau émincé, ou les laisser une demi-heure au réfrigérateur dans une marinade courte d’huile, de jus de citron, d’ail et d’épices, avant de les égoutter. C’est pourtant à la sortie du panier que tout se joue. Le sel se dose à ce moment-là, sur un aliment encore chaud et légèrement humide qui l’accroche bien ; une pincée de fleur de sel apporte en plus un petit croquant. Vient ensuite la matière grasse, que l’on choisit pour son goût plutôt que par obligation : un filet d’huile d’olive, de noix ou de colza sur les légumes, une noisette de beurre sur les pommes de terre, une cuillère de crème ou de fromage frais pour napper. L’acidité réveille l’ensemble : jus ou zeste de citron, un trait de vinaigre de cidre ou de vin, quelques câpres. On termine par la fraîcheur et le croquant : herbes ciselées au dernier moment, graines torréfiées à sec, noisettes concassées, échalote crue émincée finement. Les sauces minute font le reste : un yaourt nature aux herbes et au citron, une vinaigrette moutardée, une sauce soja allongée de jus d’orange pour le poisson, un pesto de fanes. C’est là que réside la vraie légèreté de la vapeur : elle ne tient pas à une privation, mais au fait que l’on décide soi-même de la quantité et de la nature de la matière grasse au lieu de la subir, tout en gardant des aliments savoureux et rassasiants. Dans une assiette familiale, des légumes vapeur bien assaisonnés côtoient sans problème un féculent, une sauce généreuse ou un plat plus riche, et c’est justement cette alternance qui rend la semaine agréable. Pour les enfants, servir les sauces à part, dans de petits bols, permet à chacun de composer son assiette et de goûter sans pression. Ceux qui suivent un régime particulier ou une prescription médicale demanderont conseil à leur médecin ou à un diététicien pour adapter ces repères. Et les restes de légumes vapeur, bien refroidis puis gardés au réfrigérateur, se transforment le lendemain en salade tiède, en poêlée rapide ou en velouté.

Selà la sortie Huileun filet choisi Aciditécitron, vinaigre Herbesciselées Croquantgraines, noisettes Tout s’ajoute après la cuisson, au goût de chacun
La saveur d’un plat vapeur se construit à la sortie du panier : sel, matière grasse choisie, acidité, fraîcheur et croquant, dosés selon les goûts de la tablée.
  1. Parfumer en amontHerbes, zestes ou gingembre dans l’eau, ou une marinade courte pour le poisson et la volaille.
  2. Laisser respirerUne minute hors du panier pour que l’excès d’eau s’évapore et que l’aliment ne détrempe pas l’assiette.
  3. Saler à chaudSel fin ou fleur de sel sur l’aliment encore tiède, qui l’accroche bien.
  4. Choisir sa matière grasseUn filet d’huile, une noisette de beurre ou une cuillère de fromage frais, selon le plat.
  5. Réveiller et finirCitron ou vinaigre, puis herbes ciselées et graines torréfiées juste avant de servir.
Peut-on réchauffer des restes à la vapeur ?

Oui, c’est même une très bonne méthode pour les légumes, le riz ou les pommes de terre, qui ne se dessèchent pas. Réchauffez jusqu’à ce que l’ensemble soit bien chaud à cœur, une seule fois, et consommez rapidement.

Faut-il éplucher les légumes avant de les cuire à la vapeur ?

Pas toujours. Les pommes de terre nouvelles, les carottes primeurs ou les courgettes bien lavées se cuisent avec leur peau, qui les protège et se retire facilement après cuisson si on le souhaite.

Pourquoi mes légumes vapeur sont-ils ternes ?

Le plus souvent, ils ont cuit trop longtemps ou sous un couvercle souvent soulevé. Retirez-les dès que la pointe du couteau entre facilement, et servez-les sans attendre pour garder leur couleur vive.

couvercle bien posé

Le panier au-dessus d’un fond d’eau frémissante

Le secret tient souvent à un détail : un couvercle qui ferme bien et une eau qui frémit sans bouillonner trop fort. On dispose les morceaux en une seule couche, sans les tasser, pour que la vapeur circule partout. Les légumes les plus fermes partent en premier, les plus tendres rejoignent le panier ensuite. Et l’on résiste à l’envie de soulever le couvercle toutes les deux minutes, la chaleur s’échappe à chaque fois.

feu doux · couvercle · patienceCuisson vapeur